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Le Gallia Théâtre de Saintes


26 avril 2019

LE CHATEAU DE CHANTILLY, SON HISTOIRE & SES COLLECTIONS

Conférence de M. Mathieu Deldicque, Conservateur du Patrimoine – Musée  Condé.



musées de Saintes

COMPTE RENDU DE LA CONFÉRENCE

           Cette brillante conférence, en nous offrant une vue panoramique sur un sujet si étendu, nous fait traverser les siècles de l’histoire de Chantilly, parcourir son parc et ses jardins, visiter les appartements restaurés et prendre mesure de collections d’ampleur internationale.
            Quand, en 1484, le domaine échoit aux Montmorency, la maison forte qui contrôlait à l’origine la route de Paris à Senlis est devenue un robuste château médiéval sur son piton rocheux entouré d’eau ; c’est lui que la Révolution rasera et que le duc d’Aumale reconstruira au XIXe s.. Le connétable Anne de Montmorency, inspiré par l’Italie, fait édifier à partir de 1557 le « Petit Château » en lequel se retrouvent tous les ordres architecturaux de la Renaissance. Moins d’un siècle plus tard, Charlotte, sœur du dernier Montmorency, décapité, épouse Henri II de Bourbon, prince de Condé, à qui donc revient Chantilly. Leur fils, le « Grand Condé », cousin du roi, après la gloire de Rocroi puis ses revirements durant la Fronde, s’attache à faire de son  domaine le rival de Versailles. Le Nôtre dessine ici ses jardins préférés, dont l’axe équilibre les miroirs d’eau et décentre le château, et dont le Grand Canal, alimenté par la Nonette, dépasse nettement en longueur celui de Versailles. Le grand degré dû à Gittard ajoute à la théâtralité : luxe, ordre et majesté. Les plus illustres esprits du siècle animent la princière vie de cour, ponctuée par la fête somptueuse de 1671, où deux mille courtisans entourent le monarque en visite. Les grands appartement sont commandés à J. Hardouin-Mansart qui y aménage une sorte de galerie des glaces, tandis que sur les murs les tableaux de Juste d’Egmont et de Van der Meulen allégorisent l’ « épopée » du Grand Condé.
            Entre 1719 et 1740, Louis-Henri fait bâtir par Jean Aubert les Grandes Ecuries, plus vastes que le château lui-même – elles peuvent accueillir 240 chevaux – qui manifestent, par leurs dimensions comme par leurs sculptures, la puissance des Bourbon-Condé ; il développe en outre la manufacture de porcelaine et orne ses appartements de tout un mobilier que rachètera plus tard le duc d’Aumale : boiseries rocaille, commodes de Riesener, panneaux dus à Huet, auteur aussi de la « grande singerie » qui parodie la condition humaine tout en témoignant du goût de l’exotisme, et à laquelle répondra au rez-de-chaussée la « petite singerie » (1735). Louis-Joseph, qui a poursuivi l’œuvre en construisant le Jeu de Paume et le Hameau dont s’inspirera Marie-Antoinette, émigre en 1789. Le domaine est bientôt démantelé, le château médiéval démoli. A la Restauration, la famille s’établit dans le « Petit Château »,  et crée le jardin à l’anglaise. Le duc d’Aumale, petit-neveu du dernier duc et fils de Louis-Philippe, ayant hérité de Chantilly, commande l’aménagement de ses appartements à Eugène Lamy qui lance l’ « éclectisme mobilier » et le style historiciste qu’on attribue généralement au Second Empire alors qu’ils sont à l’honneur déjà sous la Monarchie de Juillet ; ils se caractérisent par l’évocation même fantaisiste, la citation même infidèle ou la réhabilitation même inventive des styles des siècles précédents. Ainsi, dans le « salon violet », la tenture de deuil s’harmonise à l’orangé du bois de rose des boiseries et du bureau à gradin. Le « salon de Condé » privilégie le Louis XIV, avec meubles de Boulle et « néo-Boulle », tandis que la salle à manger se veut « Renaissance ».
            Après l’exil (1848-1870), le duc d’Aumale reconstruit donc le « Grand Château », pensé comme une sorte d’œuvre d’art totale, comme un résumé de l’histoire du royaume, de la dynastie des Bourbon-Condé et du domaine, et comme le lieu où réunir et figer ses collections, les deuxièmes de France, après celles du Louvre, par leur variété et leurs richesses. Que ce soit les 30000 volumes de la bibliothèque, les tapisseries de la galerie des cerfs ou les tableaux de la galerie de peinture (Giotto, Raphaël, Clouet, Poussin, Watteau, Ingres…), aucun prêt ni modification des salles n’est possible.

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