14 JUIN 2019
 
UNE JOURNEE EN CHARENTE

Aubeterre-sur-Dronne
Le château de Chalais
Cressac




musées de Saintes

COMPTE RENDU DU VOYAGE

           

Renouant, grâce à Anne, avec la tradition de la sortie en fin de saison, une trentaine d’entre nous, ayant quitté Saintes en car, se sont trouvés, au bout de bien des petites routes aléatoires et après quelques manœuvres incertaines, dans les ruelles du village étagé d’Aubeterre-sur-Dronne à l’heure même où ils eussent dû en repartir… Forée au flanc abrupt de la colline, l’église souterraine n’est pas une caverne, mais y pénétrer donne le sentiment que suscite toute caverne, celui de remonter dans un temps archaïque ou d’entrer dans un tombeau. Le sanctuaire, évidé, selon le plan roman, au début du XIIe s., élève sa voûte jusqu’à 18 mètres, et une nécropole de plus de 80 tombes lui est accolée. Pierre de Castillon avait déjà creusé l’église de Saint-Emilion ; à son retour de Croisade, durant laquelle il a pu observer les églises de Cappadoce, il commande durant dix ans l’excavation de la colline, du haut vers le bas, et son aménagement. La fosse centrale n’est pas une piscine baptismale, comme on l’a avancé hâtivement, mais, à la manière byzantine, une niche où déposer des reliques. Autre reliquaire, le monument polygonal et monolithe qui reprend la forme du tombeau du Christ. Avec le temps, la collégiale Saint-Jacques, édifiée plus loin dans le bourg durant la deuxième moitié du XIIe s., attire de plus en plus les pèlerins, et l’on oublie l’église souterraine, dont la partie avant s’est effondrée. Au XIXe s., son immense cavité fait office de cimetière municipal. A partir de 1958, avec les premiers déblaiements, réalisés sans analyse archéologique, se diffusent des interprétations erronées, que notre guide s’emploie à rectifier.
            Le déjeuner, soigné autant que chaleureux, dans l’enceinte du château de Chalais, prélude à la découverte de cette imposante demeure qui fut aux Talleyrand-Périgord pendant six siècles et, après bien des vicissitudes, dont la tempête de 1999, appartient désormais à Yves Lecoq. Il s’attache à la relever en conduisant simultanément les travaux de gros œuvre et le remeublement et la décoration ; et il est aidé par des bénévoles passionnés, qui mènent la visite. Vous voici donc longeant la galerie d’apparat de la fin du XVIe s., gravissant le majestueux escalier aux marches monolithes, parcourant aussi bien les couloirs de service que les pièces seigneuriales, faisant halte dans la claire salle de réception de 120m² donnant sur le parc en promontoire et dont la Première Guerre mondiale fit un hôpital militaire ; vous regroupant dans un délicieux cabinet orné de peintures du XVIIe s., traversant les chambres du roi, de la princesse, d’un enfant, du prince, la salle à manger au dallage aux cabochons de marbre, où le couvert vous attend, et le salon privé enfin, et vous aboutissez à la chapelle baroque aménagée dans l’arrière de la salle des gardes. Labyrinthe ici fastueux et là vétuste, chantier en cours et puissant charme du passé.
            Faute de temps, on ne s’arrête pas dans l’église Saint-Martial. A Cressac, sur la pente du coteau qui domine le cours du Né, l’humble chapelle des Templiers, puis des Hospitaliers, est la dernière étape du jour et le seul bâtiment restant de la commanderie, construite entre 1150 et 1160, qui la flanquait. Le chevet plat aux trois fenêtres signifiant la Trinité est typique de l’architecture templière, et la façade tripartite est remarquable par sa sobre simplicité. L’intérieur étonne : sur trois murs courent des fresques de la fin du XIIe s., réalisées par des artistes différents et en plusieurs étapes. Séparées par des frises géométriques ou à rinceaux, et mêlant figuration et symbolisme, elles évoquent des scènes de Croisade : dans le registre du haut, sur fond clair, la victoire de l’armée franque de Hugues VIII de Lusignan, en 1163,  dans la plaine de la Bocquée, au pied du Krak des Chevaliers ; dans le registre du bas, sur fond rouille, le camp des Sarrasins et un échange de prisonniers. Le soir va venir, et dans la pénombre qui gagne la chapelle, les preux cavaliers, dressés, lance au poing, chevauchent, immobiles, dans le temps...

 

Diaporama 15 photos


  • Aubeterre  1- la nef
  • Aubeterre 2 - la nef
  • Aubeterre 3 - la nef et le groupe
  • Aubeterre 4 - la nécropole
  • CHALAIS  1- Le pont-levis
  • CHALAIS  2
  • CHALAIS  3
  • Chalais  4 - la galerie d'apparat
  • Chalais  5
  • Chalais  6 - La salle de réception
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  • CRESSAC 2
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